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Paraguay: 17 Fois Revenir

Près de 40 familles occupent les 8 hectares du campement «13 de Mayo», dans le département de Itapuá au Paraguay. Ces familles ont été expulsées 17 fois en 6 ans, et chaque fois, elles ont reconstruit le campement. Lorsque la police arrive pour les déloger, les paysans partent se cacher dans les bois emportant avec eux leurs enfants et quelques affaires. Leurs maisons et tout ce qu’ils ont laissés sont alors brûlées. Ces terres sont réclamées par les héritiers d’Amado Cano Ortiz, l’ex-médecin personnel du dictateur Alfredo Stroessner. Le dictateur lui avait donné le titre de propriété de ce terrain pour le récompenser de sa loyauté. La famille du médecin utilise ces terres pour planter du soja, la culture phare du Paraguay. Dans ce pays, plus de 2 600 00 hectares de terres sont réservées à la culture du soja et l’an dernier, 3,8 millions de tonnes ont été produites. Le campement du «13 de Mayo» est le théâtre d’une tentative de survie et de maintien des cultures traditionnelles, au milieu de cet océan de soja.

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Autour de 100 policiers et gendarmes participent à chaque expulsion. Ils commencent par brûler les maisons. Lors de la dernière, ils en ont brûlé 37.

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Champ de soja. «Là-bas», dit une femme, «en dessous de ces orangers, il y a un enfant enterré. Tout ce que vous voyez était avant un campement comme le notre.»

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Une jeune femme du campement paysan «13 de Mayo». Les cabanes provisoires, après chaque expulsion, sont construites avec ce qui se trouve à portée de main: du bois, du foin, des troncs.

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La vie des paysans du campement est précaire et la plupart du temps, ils sont obligés de travailler dans les champs de soja comme main d’œuvre saisonnière.

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Famille du campement «13 de mayo». Les cultivateurs plantent pour leur propre consommation des graines locales. En plus du manioc, il y a beaucoup de maïs, lentilles, cacahuètes, bananes et courges.... (+)

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Plante de soja avant la récolte.

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Jeune femme du campement paysan «13 de Mayo». Les cabanes provisoires, après chaque expulsion, sont construites avec ce qui se trouve à portée de main: du bois, du foin, des troncs.

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Vue aérienne du campement «13 de Mayo».

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Famille d’occupants du «13 de mayo». Les maisons sont faites de bois, et de ce qu’on trouve alentours. Il y a une seule tronçonneuse pour tout le campement. Après les expulsions, chacun participe à la reconstruction des cabanes.

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Profil d’un paysan du campement «13 de Mayo».

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Une famille de paysans du campement «13 de Mayo». Les cabanes provisoires, après chaque expulsion, sont construites de ce qui se trouve à portée de main: du bois, du foin, des troncs.

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La vie au campement «13 de mayo» est précaire et la plupart du temps, ses habitants sont obligés de travailler dans les champs de soja comme main d’œuvre saisonnière.

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En plus de voler les animaux et d’arroser les cultures de glyphosate (un pesticide qui tue toutes les plantes sauf le soja), les délogeurs bouchent tous les puits d’eau. Après avoir reconstruit la maison, il faut creuser de nouveau.

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Portrait d’un occupant du «13 de mayo». Le gouvernement de Fernando Lugo a promis de faire une réforme agraire, mais ici les récoltes et les expulsions passent comme s’ils étaient des cycles naturels.

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Pour survivre, les habitants du campement doivent parfois travailleur à la récolte du soja. Ils sont payés 30 000 guaranies (environ 6 dollars) pour 12 heures de récolte à la main ou la machette.

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«Ici même», dit Théodora, «Il y avait un campement paysan. Maintenant vous voyez: que du soja!»

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Dorotea et ses enfants à l’intérieur de la maison qu’ils partagent, dans le campement.

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Ce paysan est toujours prêt à sortir à l’improviste. Chaque famille garde comme un trésor le paquet qui contient ce qu’ils emmèneront en premier si les expulseurs arrivent.

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Equipement pour la récolte du soja.

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Avec le temps, les techniques pour survivre aux expulsions se sophistiquent. Les «gardiens du soja» connaissent le nom des paysans, et les appellent pour les tromper, et les faire sortir de la jungle. Ces derniers, en guise de réponse, s’inventent des surnoms très droles.... (+)

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Dans la première maison du campement, il y a toujours quelqu’un qui surveille le chemin.... (+)

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Lorsque l’expulsion approche, les enfants de la communauté savent qu’ils doivent se cacher dans les arbres du bois le plus proche.

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L’existence dans le campement est précaire et la plupart du temps les paysans eux même doivent travailler dans la culture du soja, comme main d’oeuvre saisonnière.

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Un paysan sur un des chemins de terre qui conduisent au campement. La terre de la région est de tonalité rouge en raison de la grande présence d’argile dans le sol.

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